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Le Bauhaus fête ses 100 ans

22 mai 2019

Un siècle après sa fondation, le Bauhaus continue d’influencer les artistes, les architectes, les artisans et les designers du monde entier.

Peu connu en France, le Bauhaus a été et est toujours aujourd’hui une source d’inspiration pour de nombreux créateurs partout dans le monde. Mais de quoi s’agit-il exactement ?

« Le Bauhaus n’est ni un mouvement, ni un style », tient à rappeler Anne Monier, commissaire de l’exposition “L’esprit du Bauhaus” qui s’est déroulée au Musée des Arts décoratifs à Paris d’octobre 2016 à février 2017 et conservatrice au sein du département des jouets du musée. Le Bauhaus – contraction des mots allemands Bauen (« construire ») et Haus (« maison ») – est en effet une école d’enseignement artistique fondée à Weimar en Allemagne en 1919 par l’architecte Walter Gropius et dissoute en 1933 face à la montée du nazisme. 

« Un esprit d’audace »

« Architectes, sculpteurs, peintres, nous devons tous revenir à l’artisanat », écrivait Walter Gropius dans son manifeste en 1919. Les membres du Bauhaus avaient en effet la volonté d’« abolir la hiérarchie entre les arts, entre l’artisanat et l’art, entre le design et l’art, indique Anne Monier. Pour chaque discipline, l’enseignement était dispensé par un artiste et un artisan. » Plutôt que des classes, des ateliers donc, sans aucune hiérarchie entre les onze différentes disciplines enseignées : textile, menuiserie, métal, céramique, peinture murale, architecture, peinture sur verre, théâtre, imprimerie, sculpture et photographie. A l’époque, cette approche peu académique était avant-gardiste.

 « L’héritage du Bauhau sest un esprit d’audace, une liberté d’oser, d’explorer », souligne Anne Monier. Et non un style défini avec un cahier des charges, un esthétisme ou des couleurs imposés.

Des créations intemporelles

Des ateliers du Bauhaus sont sortis de nombreux objets dont certains sont devenus des icones du design, pas toujours accessible au plus grand nombre.

Ce qui était pourtant contraire à la philosophie des acteurs du Bauhaus. « Ils souhaitaient que les objets créés soient édités en série et accessibles à tous », rappelle Anne Monier. Certaines de ces créations ont près d’un siècle et sont encore éditées aujourd’hui. C’est par exemple le cas des cendriers créés par Marianne Brandt dans les années 1920 au sein de l’atelier métal du Bauhaus et édités par l’entreprise italienne Alessi, sous licence de la Bauhaus Archiv à Berlin.

Mais également du service sucre et crème (composé d’un plateau, un pot à crème, un sucrier et une pince à sucre) réalisé par la designer allemande et Helmut Schulze.

C’est aussi le cas des céramiques de Theodor Bogler et de Werner Burri éditées par la manufacture allemande HB – Werkstätten für Keramik ou des lampes dessinées par Wilhelm Wagenfeld en 1924 et éditées aujourd’hui par l’entreprise allemande Tecnolumen. Citons également le service en porcelaine et notamment les vases créés par Wilhelm Wagenfeld et toujours commercialisés par la manufacture allemande de porcelaine Fürstenberg.

Enfin, un jeu d’échecs imaginé par Josef Hartwig en 1924 et un jeu de construction conçu par Alma Siedhoff-Buscher pendant ses études à l’école du Bauhaus, sont aujourd’hui toujours édités par l’entreprise suisse Naef.





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DES COLLECTIONS POUR LE CENTENAIRE

Pour célébrer le centenaire du Bauhaus, plusieurs fabricants ont créé des collections spécifiques en hommage à cette école. L’entreprise française de papiers peints Le Presse Papier a ainsi conçu un motif Weimar décliné en plusieurs coloris qui s’inspire des tapisseries d’Anni Albers. 

L’éditeur français de tissus d’ameublement Créations Métaphores célèbre également le Bauhaus dans sa collection 2019. La société française Bleu Carmin Design a imaginé une lampe en hommage au peintre Vassily Kandisky, enseignant au Bauhaus de 1922 à 1933. C’est également en hommage au peintre que la société danoise de mobiles Flensted a créé un mobile pour le musée du Bauhaus à Weimar.

 La maison d’édition française Cinqpoints qui édite des produits de papeterie et des jeux et notamment un jeu de construction Archiblocks Bauhaus a aussi développé une collection pour le centenaire de l’école. 

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« La forme doit suivre la fonction »

Si autant d’objets issus des ateliers du Bauhaus sont toujours commercialisés, c’est notamment car « chaque objet était extrêmement bien pensé, souligne Anne Monier. Par exemple, les formes des pièces du jeu d’échecs de Josef Hartwig ont été conçues en fonction de leur déplacement sur l’échiquier. Un des grands principes de l’école était que la forme de l’objet devait aider l’objet à remplir sa fonction. »

Il s’agissait de concevoir des objets ancrés dans le quotidien, sans ornement, mais avec des lignes épurées. Ces lignes pures ont ainsi traversé les époques et continueront longtemps d’inspirer les designers.

Car comme le résume Alberto Alessi, président de la société Alessi, « l’école du Bauhaus, grâce à l’excellence de ceux qui y ont enseigné ou étudié et grâce à ses efforts pour fonder une pratique du design « pur et dur » (…) s’est imposée comme l’une des premières figures mythiques du modernisme dans le design et l’architecture ». 




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