En phase de relance, le groupe français, dont l’actionnaire majoritaire est Diversita, annonce notamment une nouvelle identité de marque pour septembre.
"Moderniser la marque » : c’est une des missions que s’est
fixée Thomas Mulliez, DG de Degrenne depuis
10 mois, entouré d’une nouvelle équipe de direction
(voir encadré).
La collection L Fragment, en porcelaine de Limoges
La mue est d’ores et déjà amorcée avec une
offre produits rationnalisée (30 % des quelque 9 000 références ont
été supprimés) et réorganisée en trois univers : Quotidien Design,
Artisanal Nature et Tradition Gourmet. Cette nouvelle segmentation
vise à clarifier l’offre et « à donner davantage de cohérence aux gammes
en point de vente », commente Thomas Mulliez. La future identité de
marque, qui comprend un nouveau logo et qui accorde une place
plus importante aux produits, sera d’ailleurs dévoilée en septembre,
sur le salon Maison&Objet.
« Nous travaillons également à un nouveau
concept de magasin, qui sera présenté au cours du premier semestre
2018 dans l’une de nos boutiques parisiennes, puis décliné dans les autres »,
annonce le dirigeant. Un nouveau site internet sera également lancé,
conçu selon l’approche mobile first, et aux couleurs de la nouvelle
charte. Objectif : séduire une clientèle jeune et stimuler les ventes à
l’international, la France étant le premier marché du groupe, suivi
des Etats-Unis et de l’Espagne. Ce mouvement s’accompagne d’une
redynamisation du plan produits, en particulier sur la porcelaine.
Une collaboration avec Philippe Starck, annoncée en juillet, sera
également à découvrir en septembre.
Restaurer la rentabilité
Toujours dans le but de clarifier l’offre, l’arrêt de la fabrication de
couverts pour les grandes et moyennes surfaces est effectif. Les
ventes à ce circuit de distribution cesseront à la fin de l’année. « Cette
activité, qui représente 4 millions de chiffre d’affaires, n’est pas rentable,
d’autant que les taux de douanes augmentent depuis deux ans, explique
Thomas Mulliez. La vente pour les grandes et moyennes surfaces est
en outre néfaste pour notre image de marque, qui se veut premium. »
La
production de l’unité thaïlandaise du groupe, dont la moitié était destinée à la grande distribution, a cessé à la fin du mois de juillet.
La partie haut de gamme sera majoritairement rapatriée sur le site de
Vire (Calvados, France). L’usine de Siam, qui emploie 150 personnes
environ, fermera d’ici à la fin de l’année.
Le groupe conserve ses unités de production de Thiers et de Limoges
(France), ainsi que son usine hongroise.
Le site de Vire fera quant à
lui l’objet d’un plan d’investissements (en cours d’élaboration et qui
sera dévoilé fin septembre) destiné à rendre l’usine plus compétitive.
Le développement de l’activité de sous-traitance industrielle, qui représente 30 % du chiffre d’affaires de Degrenne, est également
un axe stratégique. Les deux principaux clients du groupe en la matière
sont Air France (porcelaine pour la classe business) et Vorwerk
(pour la fabrication du bol du robot Thermomix), la collaboration
avec Nespresso ayant pris fin en 2016. Fort de son savoir-faire en
matière d’emboutissage profond de l’inox, le groupe nourrit l’ambition
d’attirer un troisième client d’importance.
Autre décision stratégique visant à restaurer la rentabilité, la rationalisation
du réseau de distribution propre de Degrenne, qui compte
24 points de vente et 15 autres outlet en France.
Plusieurs d’entre eux (le groupe ne souhaite pas communiquer de
chiffre précis) sont appelés à fermer (dont Strasbourg, Marseille,
Coquelles) d’ici à la fin de l’année. « Nous procédons cette restructuration
car ces magasins ne sont pas rentables, indique Thomas Mulliez.
L’idée est de rouvrir à terme des points de vente dans certaines
villes. » En recul, le chiffre d’affaires consolidé du groupe ressort à
85,7 millions d’euros (versus 91,6 millions d’euros pour l’exercice
précédent).
Un résultat qui s’explique notamment par des volumes
moindres concernant l’activité de sous-traitance industrielle et, dans
une moindre mesure, une activité retail sur l’art de la table (qui représente
30 % du chiffre d’affaires), qui reste difficile en France.
NOMINATIONS
Thomas Mulliez s'est entouré d'une nouvelle équipe (marketing,
industrielle, finances, administration). A ses côtés,
Yannick Le Louarn, au poste de directeur des opérations,
et Blandine Franc (photo), à celui de directrice de marque,
dont la mission est de développer celle-ci en France et à l’international.
Diplômée d’école de commerce, Blandine Franc a
démarré sa carrière dans l’univers cosmétique (Revlon,
L’Oréal), avant de rejoindre la maison Christofle en 2015,
au poste de directrice marketing, merchandising et digital.
A noter qu’Antoine de Rémur et Stéphane de Bergen, qui
occupaient respectivement les fonctions de directeur général
adjoint et de directeur marketing, ne font plus partie du
groupe Degrenne.
Par ailleurs, les équipes commerciales et marketing (25 personnes)
ont quitté les bureaux de Bièvres (Essonne) en juin
dernier pour s’installer rue La Boétie à Paris (VIIIe
arrondissement).
Le showroom dédié aux clients du CHR, jusqu’alors
implanté dans le magasin parisien de la rue Boissy-d’Anglas,
y sera notamment aménagé.
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